Nadal express
Lors d'un quart de finale en trois temps, Rafael Nadal a dominé (7-6, 7-6, 6-0) Fernando Gonzalez pour rejoindre Juan Martin Del Potro. Entre les gouttes et en une grosse demi-heure, le Majorquin a profité des errances du Chilien
Interrompu depuis jeudi soir en raison de la pluie le quart de finale entre Nadal et Gonzalez s'est rapidement conclu samedi.(REUT)
Commencé jeudi vers 19 heures, le quart de finale entre Rafael Nadal et Fernando Gonzalez s'est achevé samedi à 12h50 par une victoire (7-6 [4], 7-6 [2], 6-0 en 2h37') de l'Espagnol. Entretemps, une douleur abdominale qui se réveille pour le Majorquin sur un coup droit en bout de course au premier set, la pluie à 7-6, 2-2, encore la pluie à 7-6, 6-6 (3-2), une journée d'attente vendredi à regarder tomber la pluie et un retour catastrophique samedi du Chilien, ont agrémenté ce drôle de match. Vingt minutes après la fin de la rencontre, la pluie s'est encore invitée... Mais Rafael Nadal est déjà arrivé au pas de course en conférence de presse. Encore en avance sur Fernando Gonzalez...
Lors du non-match de samedi, le Chilien a bien facilité le travail des organisateurs. Sous un ciel nuageux et toujours menaçant, le 11e mondial s'est livré à une parodie d'une demi-heure avec treize points gagnés sur les 52 disputés, six points encaissés d'affilée pour perdre le tie-break et se retrouver en danger sur son service et aucun jeu inscrit au tableau d'affichage ! Et le tombeur de Jo-Wilfried Tsonga pourrait méditer sur l'état d'esprit de son adversaire en entrant sur le court : « Il est important de rester calme et d'être prêt dès le retour. Dans une situation comme celle d'aujourd'hui, tout peut arriver parce que c'est un peu la loterie. Cela peut dépendre des deux premiers points. La question n'est pas de bien jouer ou pas. C'est d'être bien sur ces deux premiers points. Il faut accepter ça.»
Plus frais que l'an dernier
Seuls le filet et les bâches se sont régalés et ont récolté le fruit du travail d'auto-démolition de "Gonzo". «Je ne sentais pas la balle comme je le voulais. Je sentais que mes coups ne faisaient pas les mêmes dégâts que les autres jours. Peut-être que j'ai eu un peu peur dans les tie-breaks. Je manque une balle, puis une autre, plaide le 11e mondial. Que faire ? J'ai essayé de faire de mon mieux.» Rafael Nadal a dû également apprécier. Dans sa course contre la montre pour récupérer et se préserver un peu de repos, le Majorquin a vécu un set d'entraînement tranquille avant sa demi-finale contre Juan Martin Del Potro. Mais dans quel état ? « Je me sens plus frais que l'an dernier. Nous verrons comment je serai demain physiquement, répond le 3e mondial, futur 2e. Mentalement, j'étais détruit l'an dernier. Cette année, je suis parfait, non ? » Si les spectateurs peuvent légitiment faire grise mine lors de cette fin de quart de finale, les détenteurs de billet pour les demi-finales peuvent donc se réjouir. L'Espagnol n'a pas puisé dans ses réserves et il pourra disputer son prochain match dans un état physique correct.
Comme d'habitude, il ne cherche aucune excuse : «Ce n'est pas important de jouer deux jours d'affilée. Ma condition est la même que celle des autres demi-finalistes. » Fidèle à sa ligne de conduite depuis le début du tournoi, Rafael Nadal botte en touche quand le sujet de sa blessure abdominale revient : « Je suis OK, non ? J'ai seulement un petit problème aux abdominaux. C'est tout. » Quand la question se fait plus insistante : «Désolé, je préfère ne pas parler de mes abdominaux. Si je perds demain, je vous en parlerais. Maintenant, je préfère parler du jeu.» Se concentrer sur le jeu, c'est bien toute sa force. N'est-ce pas Fernando Gonzalez ?
Sophie DORGAN, à New York