dimanche 6 septembre 2009

US OPEN 2009 - Article "lequipe.fr"

Nadal en huitièmes

Rafael Nadal a souffert mais s'est qualifé pour les huitièmes de finale.(REUT)
Rafael Nadal a souffert mais s'est qualifé pour les huitièmes de finale.(REUT)

Rafael Nadal s'est qualifié, dimanche, pour les huitièmes de finale aux dépens de son compatriote Nicolas Almagro. Le n°3 mondial s'est imposé en trois manches (7-5, 6-4, 6-4) mais le match n'a pas été simple du tout.

Tout d'abord parce qu'en face Almagro a de l'or dans son bras droit : claques de coup droit imprévisibles, revers à une main sublime quand joué très croisé. Talentueux et puissant, il a tout au long du match profité d'une balle un peu courte de l'ancien n°1 mondial pour agresser ce dernier. Mais Nadal possède une qualité qu'Almagro n'a pas vraiment et qui explique d'ailleurs pourquoi le perdant du jour n'a toujours pas une grosse performance à son palmarès : la patience. Encaissant les coups, se sachant dans un jour moyen, Nadal a défendu son terrain, a serré les dents et attendu l'ouverture. Ensuite parce que le Majorquin a eu beaucoup de mal sur ses mises en jeu, ne servant quasiment que des premières-secondes. Il a eu également beaucoup de mal à trouver sa longueur de balle et donc à prendre l'initiative. Contraint de subir, c'est encore sa volonté qui a fait la différence.

Enfin, et c'est peut-être la plus grande inquiétude dans le camp espagnol au terme de ce match, parce que les abdominaux de Nadal ont donné des signes de faiblesse. Le kiné est ainsi venu à 1-2 poser un patch alors que l'Espagnol grimaçait de douleur, au moment même où Almagro se faisait manipuler le dos. Revenu de sérieuses douleurs au genoux, Nadal avait reconnu souffrir des adducteurs avant l'US Open. Aujourd'hui ce sont les abdos qui recommencent à faire parler d'eux et qui logiquement le gênent au service. Il n'empêche que dans les moments importants, l'ancien patron du circuit a su faire jouer son fighting spirit. Breaké d'entrée de match, il est revenu. Il a lâché un break d'avance au moment de conclure le premier set (5-4, 5-5) et il est encore revenu. Idem dans la seconde manche et encore dans la troisième. Almagro regrettera les balles de 3-0 non converties dans le troisième set tout comme ce dos qui s'est mis à le faire souffrir, entraînant de sérieux problèmes au service. Nadal, lui, le poing serré et le regard toujours tourné vers son clan s'est envoyé en deuxième semaine sur un énorme missile de revers croisé gagnant. Les bras levés de soulagement vers le ciel n'étaient pas feints : ce match-là c'est à la hargne qu'il est allé le chercher. Reste désormais à savoir si cela suffira la prochaine fois. - C.B.