Tennis - AUS (H)
Nadal assure le principal
Philipp Kohlschreiber a prouvé vendredi pourquoi il fallait continuer de se méfier de lui. Celui qui avait notamment éliminé Novak Djokovic du dernier Roland-Garros était dans la même forme face à Rafael Nadal. Ce dernier, pas très tranchant, a su s'en sortir en se faisant violence et en profitant de sa plus grande expérience sur les points qui comptent double. Mais la tâche a été rude.
Kohlschreiber, 26e joueur mondial, a plus que tenu tête à l'ex n°1 mondial. Cet amateur du jeu en cadence, avec ses grandes frappes à plat et son excellent revers a sorti la panoplie de l'agression constante pour exposer quelques failles dans la cuirasse adverse. L'Espagnol, lui, n'a pas eu l'air dans son meilleur timing en coup droit et a souvent joué trop court. Résultat, il s'est plus souvent retrouvé dans le rôle de celui qui subit que dans celui qui attaque. Mais Nadal début 2010 n'a rien à voir avec le joueur qui traînait sa peine, résigné, au Masters de Londres. Alors après un très mauvais troisième set, il s'est fait violence, a allongé en coup droit, s'est rapproché de sa ligne et a serré les dents. Il n'a pas montré son meilleur visage mais a fait comprendre à son adversaire qu'il allait devoir prendre tous les risques pour le renvoyer aux vestiaires. Kohlschreiber est tombé dans le panneau, a trop forcé et a fini par rater. Nadal en a profité.
La rage et le soulagement en fin de rencontre n'avaient rien de surjoué : le n°2 mondial n'était pas serein du tout, même alors qu'il menait deux manches à rien. Il lui faudra retrouver son relâchement et son coup d'oeil en retour-passing dès le prochain tour face à Ivo Karlovic. Nadal mène 2-0 dans leurs confrontations mais la dernière au Queen's en 2008 s'était jouée en trois jeux décisifs. Sur surface rapide, le service du Croate reste une arme redoutable. «L'important est d'avoir gagné mais je ne suis pas très content de mon niveau de jeu. Au deuxième et troisième set c'était mauvais. Il faut que je me montre plus agressif et que je retrouve ma longueur de balle.» Kohlschreiber était un premier bon test, Karlovic en sera un autre dans une partie de tableau où le tenant du titre va devoir sérieusement commencer à hausser son niveau de jeu. Il n'attend que ça. - C.B.
