dimanche 19 avril 2009

RAFAEL NADAL - Vainqueur du Masters 1000 de Monte Carlo.


Il n'y a toujours personne pour faire tomber Rafael Nadal du Rocher. L'Espagnol a, dimanche, remporté son cinquième titre consécutif à Monte-Carlo en dominant le Serbe Novak Djokovic (6-3, 2-6, 6-1). Le n°1 mondial devient le premier joueur à décrocher cinq fois de suite le même Masters 1000. Mais l'information du jour est également que Djokovic a les armes pour le battre, lui qui a été le premier en quatre éditions à lui prendre un set. Nadal, lui, rejoint Federer au nombre de Masters 1000 remportés (14) et pourrait bien rejoindre Andre Agassi (17) avant le Suisse. C'est aussi le troisième titre de sa saison et le 34e de sa carrière.

Nadal a gagné, mais Nadal a tremblé. Une petite consolation peut-être pour la concurrence, mais Djokovic, n°3 mondial, a livré un match qui lui donne des raisons de rester ambitieux. Il a quand même compté un break d'avance dans le premier set (3-1) et a manqué l'occasion d'enfoncer le clou en début de troisième manche en ratant des balles de break. Un dernier set où les trois premiers jeux auront duré plus d'un demi-heure, décidant du sort du match. Nadal, énorme sur tous les points importants de la manche décisive bien que sérieusement bousculé, a donc eu le dernier mot. A l'usure, en mettant une pression continue sur l'adversaire sans se frustrer de quelques fautes inhabituelles. C'est cette capacité à ne jamais baisser de régime, à garder une lucidité impressionnante malgré la pression qui a encore fait des merveilles, même si la cuirasse ne quittera pas le Rocher sans quelques petits accrocs.

Djokovic, comme les autres, a explosé
De mieux en mieux dans son jeu au fur et à mesure des tours, il quitte Monte-Carlo bien en place, en commettant certes plus de fautes que d'habitude mais par la force des choses puisqu'il a reconnu, après, devoir jouer plus agressif désormais pour s'en sortir. Et certainement aussi s'économiser. La preuve de sa montée en puissance reste le retour de son jeu de défense hallucinant sur des coups qui, contre tous les autres joueurs seraient gagnants. Retournant le point le plus mal embarqué en sa faveur, il pousse son adversaire à tenter le coup impossible. Djokovic, bien que déçu, a quasiment tout gagné cette semaine : il a retrouvé sa crédibilité de n°3 mondial, garder Murray à distance mais, surtout, a gagné une confiance qui pourrait payer dans l'optique de Roland-Garros. Il a, plus que Murray, prouvé qu'il était une réelle menace pour Nadal.

Mais pour cela, il doit jouer le match parfait, sans aucun droit à l'erreur ou au moindre relâchement. La clé, il l'a trouvée dans le deuxième set, ajoutant un service de plomb à un revers qui n'est pas gêné par le coup droit lifté adverse et des accélérations de coup droit long de ligne ou décroisé qui font très mal. Impeccable contreur et capable de prendre la balle très tôt, il a également su venir conclure au filet. C'est comme ça, de toute manière, qu'il fera sauter le verrou. S'il avait moins pensé à son dos douloureux à 3-1 dans le premier set, qui sait d'ailleurs si le match n'aurait pas pris une autre tournure... Mais le n°1 mondial garde sur la durée la maîtrise totale de la surface, ses claques de coup droit et, désormais, les angles trouvés en revers, lui donnent de quoi voir venir. Tout comme sa qualité de passing qui le met à l'abri de l'abordage adverse. Si le set perdu montre qu'il n'est pas imbattable quand il devient trop attentiste et décroche de sa ligne, l'explosion en plein vol de Djokovic en fin de dernier set laisse des doutes sur la capacité adverse à tenir le bras de fer dans un match en trois sets gagnants. Donc, pour le moment et malgré cette petite alerte, c'est toujours Nadal le patron.

Source de l'article: www.lequipe.fr