Tennis - Open d’Australie
25/01/2010 - 14:29Murray-Nadal, le match

DPPI
Andy Murray face à Rafael Nadal, c'est l'affiche des quarts de finale de l'Open d'Australie dans le tableau masculin. Cette dixième confrontation entre les deux hommes est plus qu'incertaine. Notre rédaction s'est penchée sur ce choc qui verra chuter mardi un sérieux candidat à la victoire finale.
POURQUOI MURRAY VA BATTRE NADAL . Pour la première fois de sa carrière, Andy Murray atteint les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem sans perdre un set. Mais de ce détail qu'un journaliste lui rappelle en conférence de presse, Andy s'en balance. Lui qui n'a disputé qu'une finale de majeur, à l'US Open en 2008, qui est N.4 mondial après avoir entrevu le podium l'été dernier (N.2 pendant trois semaines), il ne voit qu'une chose : un premier grand titre. Le meilleur Britannique de l'histoire depuis Fred Perry dans les années 30 est un de ces joueurs du top 10 qui n'ont jamais nourri de complexes vis-à-vis de Roger Federer et Rafael Nadal.
Si le Suisse a souvent snobé l'Ecossais, l'Espagnol a souvent souffert sur le court pour brutaliser cet adversaire robuste et déconcertant. En 2007, à l'Open d'Australie, pour leur première confrontation sur le circuit, au 4e tour, Nadal s'impose en cinq sets. Il compte au total 7 victoires pour 2 défaites. Murray perd mais Murray progresse. Sa victoire à Flushing en demi-finale était un premier avertissement. Ecrasé l'an dernier à Indian Wells (6-1, 6-2), il possède désormais plus de certitudes. "Je l'ai joué en indoor, sur dur, sur gazon, sur terre battue, et à chaque fois, c'est différent. Sur dur, j'ai fait de bons matches. Je pense avoir une bonne tactique contre lui."
Jusqu'ici, Andy Murray a rencontré deux bons et grands serveurs (John Isner et Kevin Anderson) et deux Français tenaces (Marc Gicquel et Florent Serra) tous vite expédiés. Une bonne rampe de lancement pour se projeter frontalement vers un Rafael Nadal. Interrogé, l'Espagnol n'a fait que confirmer tout le respect que lui inspire Murray : "C'est un grand joueur car il sait tout faire. La seule différence avec moi c'est qu'il sert mieux que moi", ajoute même le Majorquin qui mise lui sur l'intensité et le rythme. Murray-Nadal, c'est un match équilibré entre un joueur qui n'a plus gagné de tournoi depuis Rome 2009, et un autre qui n'a pas de match référence en 2009. Même en cas de défaite, Nadal sera là pour le consoler :"Il peut gagner un Grand Chelem et sans nul doute, il va gagner un jour un Grand Chelem". - J.C. -
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POURQUOI NADAL VA BATTRE MURRAY . Pour la première fois depuis bien longtemps, Rafael Nadal a repris confiance. Non seulement dans son jeu, mais aussi dans sa tête. Signe fort qui ne peut qu’interpeler ces adversaires qui voyaient en lui un animal blessé. Ces soucis physiques sont désormais du passé. Et même si tous les sportifs de haut niveau jonglent avec toute leur carrière comme on jongle avec des œufs frais, l’Espagnol est résolument tourné vers l’avant et ce qu’il peut encore accomplir. Car, oui, à 23 ans, l’avenir est encore devant l’Espagnol déjà détenteur de 6 titres du Grand Chelem. Alors que son adversaire s’appelle Peter Luczak, Ivo Karlovic ou Andy Murray, cela ne change pas grand-chose dans sa tête : ce qu’il veut, c’est gagner son prochain match.
L’humilité à fleur de peau, tout autant que sa combativité, Nadal se retranche derrière ses bonnes sensations pour avancer à tâtons sans rien n’espérer de mieux qu’une victoire au prochain. Vous ne l’entendrez jamais espérer à voix haute conserver son titre majeur qu’il détient encore. "Andy n'a rien à prouver à personne. Qu'il gagne ou qu'il perde contre moi, il aura ses chances de remporter un Grand Chelem à l'avenir", s'offusque presque Nadal à l'idée qu'il puisse servir de test à l'Ecossais.
"Il faudra que je joue mon meilleur tennis, sinon je pourrai savourer mon vol de retour." Et Nadal sait de quoi il parle. En neuf rencontres, l’Ecossais l’a battu lors de leur dernière confrontation en tournoi du Grand Chelem, en demi-finale de l’US Open 2008 (6-2, 7-6, 4-6, 6-4). Une victoire confirmée la saison suivante en finale de Rotterdam (6-3, 4-6, 6-0). Depuis, ce double affront a été lavé en finale d’Indian Wells par l’Espagnol, large vainqueur de l’Ecossais 6-1, 6-2. L’esprit libéré et sûr de sa force, Nadal est en train de redevenir le compétiteur qui a fait de lui le meilleur joueur du monde en 2008. Et Murray risque d’en faire les frais. "L'Open d'Australie est un tournoi important, mais ce n'est pas la fin du monde si je perds. Je me dis que la saison est encore longue. Je fais à chaque fois mon maximum. Quand vous le faites souvent, à un moment ça paye." - S.P. -