Tennis - AUS (H)
Nadal rejoint Murray
Contre Ivo Karlovic, les joueurs mettent dans leur sac un kit de survie avec deux ingrédients essentiels : la concentration et le sens du détail. Sur la Rod Laver Arena, Rafael Nadal s'arme donc de patience pour rejoindre Andy Murray en quarts de finale. Il attend son heure pour s'imposer (6-4, 4-6, 6-4, 6-4 en 2h36') contre le Croate, auteur pourtant de 28 aces et 68% de premières balles. Dans le genre "comment battre un grand serveur", la leçon de Maître Rafa vaut de l'or : « Premièrement, si tu perds une fois ton service, tu as de fortes chances de perdre le set. Deuxièmement quand tu retournes, tu dois être concentré à 100% tout le temps parce que tu dois saisir ta chance. S'il rate quelques premières balles, tu dois essayer d'être présent tout le temps. Si tu n'es pas concentré tout le temps, c'est impossible. »
Pendant 26 minutes, les services défilent comme une armée en procession. A 4-4, les deux joueurs n'ont perdu que trois points chacun sur leurs engagements respectifs ! « Quand il sert, c'est comme un penalty, tu dois choisir un côté», image le tenant du titre. Puis un petit détail insignifiant au premier abord, capital après coup, donne le ton. Sur son premier point de service, Ivo Karlovic rate une volée facile. C'est déjà une ouverture et le Majorquin se jette sur l'occasion en relançant parfaitement pour s'offrir ses deux premières balles de break. Un ace et un service gagnant éteignent le fumerole. En champion, Rafael Nadal ravive la flamme et breake grâce à un excellent retour de revers sur une première balle à 218 km/h.
Concentration et sens du détail
De quoi être frustré ? Sûrement dans l'instant. En homme expérimenté, Rafael Nadal oublie la mésaventure et se tourne vers le prochain point. «Je restais concentré sur mon service où j'essayais de ne pas commettre trop de fautes et j'attendais juste d'avoir une opportunité en retours», résume le champion qui avoue avoir vécu le match le plus difficile de son début de saison car il n'y avait pas de rythme. Lors des deux sets suivants, le numéro 2 mondial ne laisse plus aucune ouverture à son adversaire et il réalise à deux reprises le break à 1-1 pour finir tranquillement et aller plaisanter avec Jim Courier, intervieweur sur le court, sur le Nadal virtuel. A la Playstation, le faux Nadal joue trois mètres derrière sa ligne de fond et le Majorquin préfère choisir un autre joueur. Sur le court, c'est autre chose. Avec 35 points gagnants, le vrai Nadal est beaucoup plus percutant que son double et Ivo Karlovic aurait sûrement préféré affronter son clône...
