Tennis - US Open (H)
Monfils, c'est du solide
« Gaël Monfils, comment analysez-vous votre match ?
J'ai fait une bonne heure et demie de tennis avec deux bons sets et un break. Je suis vraiment très satisfait de mon niveau de jeu. Avec son abandon, j'ai passé un peu moins de temps sur le terrain, cela m'apporte un peu plus de fraîcheur. J'ai réussi à me montrer agressif. Je me sens de mieux de mieux. J'arrive à savoir ce que je dois faire en prenant davantage le jeu à mon compte et à faire plus de points gagnants. Je ne m'attendais pas à son abandon. Je pense que je l'ai un peu fait craquer dans la tête car il abandonne à deux sets à zéro et un break. Deux jeux avant son abandon, il a une balle de break. C'est un peu bizarre. Il a peut-être senti que je n'étais pas là pour rigoler.
Ce jeu vers l'avant est-il plus naturel pour vous aujourd'hui ?
Quand la balle est plus courte, j'arrive à mieux m'ajuster, à savoir où la jouer. Je me sens mieux pour l'exploiter. J'ai fait des exercices spécifiques à l'entraînement pour prendre confiance sur ces points. Je me force encore à aller vers l'avant et à rester sur ma ligne. Cela m'use encore beaucoup d'énergie. Ce n'est pas encore tout à fait naturel.
Est-ce que vous y réfléchissez beaucoup sur le court ?
Moins. Mais au début du match, je me répète bien de continuer à être agressif. Quand la machine est en route et que je suis dans le match, je le fais naturellement. Mais au début, si je doute un peu, je peux faire un petit pas vers l'arrière et après, ce n'est pas facile et je lutte pendant le match. Par exemple à Montréal, il fallait vraiment que je me le dise tout le temps. Je l'ai acquis au bout d'une bonne semaine.
«Contre Rafa, je ne fais aucun complexe physique. Je le prends au 100 m et s'il le faut sur 10 kilomètres, je suis présent, j'ai le coeur d'un Kenyan.»
Beaucoup de joueurs font un complexe physique contre Nadal. Qu'en est-il pour vous ?
Je ne fais aucun complexe physique. Je le prends au 100 m (sourires) et s'il le faut sur 10 kilomètres, je suis présent, j'ai le coeur d'un Kenyan (sourires). Il n'y a pas de problèmes. Je n'ai pas peur de l'impact physique. Il sait que je peux courir vite et longtemps. Cela va se jouer sur le plan tennistique. Ce sera celui qui sera le plus agressif, celui qui va mieux gérer les points importants. Ce sera mental, il est très fort mentalement et je vais devoir me mettre à son niveau voire mieux.
Que représente ce match contre Rafael Nadal ?
Cela représente un match de huitièmes. Cela va être un très gros match test, mais cela reste un huitième de finale. Il n'y a que des matches de feu qui vont arriver. Je l'attends vraiment de pied ferme. Je vais essayer de trouver les solutions. Je pense que si on joue tous les deux un gros match, cela va être explosif avec plein de coups gagnants et de défense spectaculaire avec de gros rallyes et des cris dans tous les sens.
Rafael Nadal semble blessé aux abdominaux. Est-ce un paramètre important ?
Quand Rafa entre sur le terrain, il est toujours à 100% en Grand Chelem et il ne pensera pas une seule seconde à ses abdos. Je n'y pense même pas. Je vais faire mon match.»
Recueilli par Sophie DORGAN, à New York
