lundi 7 septembre 2009

US OPEN 2009 - Article "sports.fr"

Monfils fonce sur Nadal

Après Jo-Wilfried Tsonga, tombeur de Julien Benneteau, il y aura un autre Français en huitième de finale de l'US Open en la personne de Gaël Monfils. Tête de série n°13 à Flushing Meadows, le Parisien a écoeuré José Acasuso qui, mené 6-3 6-4 1-0, a jeté l'éponge, visiblement touché au genou gauche. De quoi le lancer parfaitement vers un Rafael Nadal diminué par des douleurs abdominales.

Gaël Monfils est concentré sur son prochain objectif: Rafael Nadal. (Reuters)
Gaël Monfils est concentré sur son prochain objectif: Rafael Nadal. (Reuters)

Gaël Monfils continue sa promenade de santé à Flushing Meadows. Débarqué à New York sans grand repère, la faute à cette blessure au poignet contractée au Queen's qui l'a d'abord contraint à l'impasse à Wimbledon puis à un retour tardif sur le circuit cet été, le Français gagne, tour après tour, en confiance lors de cet US Open. Déjà tombeur en trois manches de Jérémy Chardy et de Karol Beck, la tête de série n°13 de la dernière levée du Grand Chelem de l'année a confirmé sa montée en puissance dimanche face à l'Argentin José Acasuso qui n'a même pas eu la force d'aller au bout de son combat, jetant l'éponge dans le troisième set (6-3 6-4 1-0), visiblement touché au genou gauche.

"Je pense que je le fais craquer dans la tête parce que, quand il a deux balles de break à 4-3 au deuxième set, il n'était pas si loin. Peut-être qu'il a senti que je n'étais pas là pour rigoler", a pointé le Français comme pour rappeler qu'il a mis son adversaire KO. A la manière d'un Mohammed Ali dont il se repasse en boucle le documentaire dans sa chambre d'hôtel new-yorkaise. "J'adore la façon dont il a préparé son grand combat au Zaïre. Je m'imprègne de ses paroles et de la musique. C'est un peu mon moteur d'inspiration", dit-il. "Mentalement, je me sens beaucoup plus fort. Je me parle beaucoup sur le court, c'est un peu l'influence de mon coach et de mon état d'esprit positif."

Le coeur d'un Kényan et la vitesse d'un Jamaïcain

Et le résultat se fait sentir sur le court où le protégé de Roger Rasheed montre, depuis le début du tournoi, une attitude nouvelle, portée sur l'offensive. "J'arrive à savoir ce que je dois faire en prenant davantage le jeu à mon compte et à faire plus de points gagnants, explique le quart de finaliste de Roland-Garros. Quand la balle est plus courte, j'arrive à mieux m'ajuster, à savoir où la jouer. Je me sens mieux pour l'exploiter." Bien dans sa tête, bien dans son jeu et bien dans son corps, Monfils est gonflé à bloc pour la suite du tournoi et la perspective de retrouver Rafael Nadal en huitième de finale ne l'effraie pas.

"Face à lui, je ne fais pas de complexes physiques, prévient le Parisien. Je pense que je cours plus vite que lui le 100 mètres et je ne crains pas les marathons, j'ai un coeur de Kényan !" Pas de raison donc de craindre Nadal d'autant que l'intéressé sera peut-être privé de cartouches mardi. La faute à des douleurs abdominales qui l'ont obligé à faire intervenir le kiné dimanche lors de son match contre son compatriote Nicolas Almagro. "Je ne veux pas parler de blessure, je suis content d'avoir gagné en trois sets. Je n'en dirai pas plus là-dessus. Je sais que tout le monde veut me parler de ça mais moi pas", s'est borné à déclarer l'ancien n°1 mondial, vainqueur de son match en trois manches (7-5, 6-4, 6-4) mais diminué au service. "S'il rentre sur le court, il sera à 100%", relativise Monfils qui, lui, sera prêt, quoiqu'il arrive, à voler comme un papillon et à piquer comme une abeille.