Tennis - ATP - Shanghai
Davydenko triomphe
On avait senti après la demie de haute voltige entre Nikolay Davydenko et Novak Djokovic que c'était peut-être bien la finale avant la lettre. Entre un Russe très impressionnant cette semaine et un Rafael Nadal en grands progrès mais toujours un peu court, la logique du moment a été respectée.
Une logique apparue dès le début avec un Davydenko hallucinant de précision et de cadence rivé sur sa ligne de fond et un Nadal jouant un peu court et un peu loin de sa ligne. A 4-2, 15-40 sur le service de l'Espagnol, Davydenko semblait déjà promis à un cavalier seul. Mais Nadal a fait de beaux progrès depuis Pékin la semaine dernière. Mieux dans ses appuis, plus percutant au service et plus agressif dans ses frappes, il a écarté le danger, recollé et fini par passer en tête (5-4). Le niveau de jeu a suivi entre deux garçons jouant sur leurs forces avec inspiration : le splendide revers le long de la ligne du Russe, son ping-pong sur la ligne face aux grandes claques liftées de l'ex n°1 mondial. Devant jouer au-dessus de l'épaule, Davydenko a commencé à rater. Suffisamment pour que, tout poing serré dehors et regard déterminé vers son clan, Nadal décroche une balle de set.
Nadal encore trop juste
Mais, comme face à Djokovic, Davydenko a sorti le grand jeu sur les points importants. Rentrant dans le terrain, se ruant au filet, il a pris l'initiative pour écarter cette balle de set mais également arracher le jeu décisif. Nadal, lui, a touché ses limites du moment avec des choix douteux, un peu trop d'attentisme et des fautes dans les moments chauds. Imposant le rythme, le finaliste du dernier Masters allait, lui, dominer le tie-break et enchaîner dans le deuxième set (3-1, 4-2). Trop solide du fond, trop bien installé aussi tactiquement avec ses coups longs et croisés pour enfermer Nadal sur son revers, Davydenko était en mode finale de Miami 2008 et pas du tout demi-finale de Barcelone 2009.
Le Russe aura donc tout gagné cette semaine avec évidemment un titre mais également une septième place au classement 2009 et une qualification au Masters qui lui tend les bras. Il aura également prouvé à ceux qui le disaient éreinté par ses saisons bien remplies qu'il reste un des cadors du circuit. Moins charismatique et plus discret que beaucoup, mais aussi bien plus doué. Davydenko pourrait être l'homme fort de cette fin de saison, lui qui a le plus de fraîcheur après un début d'année gâché par une blessure à un pied. Nadal, déçu et en colère contre lui-même à l'issue d'un match où il n'a pas su passer cette dernière vitesse qui lui manque encore, a aussi envoyé un message à la concurrence : sa motivation est intacte et son meilleur niveau n'est pas si loin que ça. Bercy et Londres pourraient donc réserver de sacrées empoignades.
Carole BOUCHARD
