jeudi 12 novembre 2009

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Tennis - ATP - Bercy

Nadal, c'est fou !

Après avoir sauvé cinq balles de match au deuxième set, Rafael Nadal a fini par éliminer son compatriote espagnol Nicolas Almagro (3-6, 7-6 [2], 7-5) mercredi au deuxième tour du tournoi en 3h15'.
Nadal entrait en lice mercredi à Paris-Bercy contre Nicolas Almagro.(EQ)
Nadal entrait en lice mercredi à Paris-Bercy contre Nicolas Almagro.(EQ)

Bousculé, malmené, agressé mais pas coulé. Au-delà du niveau de jeu, c'est un véritable tour de force mental et physique que le n°2 mondial a livré devant un Central comble. Face à un joueur qu'il avait tout le temps battu en quatre confrontations, mais jamais rencontré en indoor, Rafael Nadal a dû puiser très loin dans son refus de la défaite. L'Espagnol, resté sur une défaite en finale de Shanghai, est toujours assez loin de son meilleur niveau mais pas de ses qualités de battant.

Car la défaite a semblé inéluctable quand à 6-3, 6-5 40-0, Almagro a eu la victoire dans la raquette. La puissance du 27e joueur mondial et son culot faisaient jusque-là des merveilles, transperçant la défense adverse, rendant anecdotique le service d'un ex n°1 mondial crispé et attentiste. Crispé car la foudre qui part de du bras droit adverse envoie des coups droits sur les lignes et des revers à une main très croisé sortis de nulle part. Alors, quand après avoir raté deux balles de set à 5-4 service Almagro et s'être effondré sur sa propre mise en jeu, le quart de finaliste 2008 a vu son adversaire à un point du match, la résignation aurait pu l'emporter. Pas pour Nadal. C'est au contraire là, dos au mur, que le Majorquin a sorti le grand jeu ! Il a écarté les trois premières menaces puis les deux suivantes, avant d'arracher le jeu à sa première opportunité. Derrière, le jeu décisif n'a été qu'une formalité, et Nadal s'est envolé en breakant d'entrée de dernière manche. Réalisme quand tu nous tiens.

La souffrance d'Almagro

Seulement le Nadal du moment a le réalisme et la confiance sur courant alternatif. Entre ses blessures aux genoux, aux adducteurs, aux abdominaux et, aujourd'hui, ses ampoules au pied droit, l'ancien patron a les nerfs à vif. Comment expliquer sinon la perte de trois jeux de suite en subissant encore et toujours (1-3) ? Loin de sa ligne et commettant des fautes inhabituelles, il n'a pas su tuer le match. Il aura finalement fallu une énième révolte (3-3) et la faillite physique d'Almagro pour qu'il s'en sorte. A 3-3 40-30, les crampes sont en effet arrivées dans la cuisse droite du futur vaincu. Le kiné et le public qui a pris fait et cause pour l'outsider n'allait rien changer. Et pourtant, en jouant le coup gagnant sur la première frappe en guise de survie, il a mené 5-3 face à un Nadal incroyablement tendu et perdant sa lucidité. Avant de la retrouver. Almagro ne pouvait quasiment plus plier les jambes : Nadal abusait d'un slice très bas. Almagro avait bien du mal à courir : Nadal jouait la sécurité avec un lift très long. Epuisé, écoeuré et abattu, Almagro a cédé.

Nadal a alors levé les bras au ciel, incrédule. Souvent agacé par ses fautes, recherchant le regard de tonton Toni pour se donner du courage, le n°2 mondial est toujours là. Même sans convaincre sur une surface qu'il ne maîtrise pas au mieux et, surtout, lors d'une période où il cherche ses repères. Ce service devenu si solide a semblé bien loin, ce revers à deux mains lâché à fond aussi et le voir jouer autant de revers slicés n'est pas bon signe. Certes, il casse le rythme mais c'est aussi parce qu'il est sans arrêt débordé. Alors à défaut de pouvoir jouer en patron, Nadal aura de nouveau épaté la galerie par sa rage de vaincre. Ce Nadal-là n'est pas au mieux mais il ne lâchera rien. Almagro, sorti en titubant sous l'ovation du public, peut en témoigner. Au prochain tour, la tête de série n°2 retrouvera encore un compatriote, Tommy Robredo. Il mène 5-0 dans leurs confrontations mais sait encore plus maintenant que ça ne veut rien dire...