mercredi 25 novembre 2009

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Tennis -ATP- Masters

Davydenko tombe Nadal

Rafael Nadal est éliminé. L'Espagnol, battu (6-1, 7-6[4]) par Nikolay Davydenko quitte le Masters de Londres par la petite porte. Loin de son meilleur niveau, il n'a pas pu faire de miracle.
Rafael Nadal, encore défait. (AFP)
Rafael Nadal, encore défait. (AFP)

Il était arrivé sans grande confiance et sans grands espoirs et la logique du moment lui a donné raison. Rafael Nadal a été éliminé dès la phase de poules de ce Masters suite à sa deuxième défaite de la semaine, face à Nikolay Davydenko. Ce dernier, impressionnant même si vaincu face à Djokovic, a de nouveau démontré toutes ses qualités mais également toutes sa fragilité dans les grands rendez-vous. Il revient dans la course pour le dernier carré et tout va donc se jouer dans la dernière journée entre lui et Djokovic au sein d'un groupe B où seul Robin Söderling est qualifié.

La logique a donc été respectée. Davydenko et sa cadence infernale ont eu raison de Nadal qui a pendant un set et demi donné l'impression de traîner sa peine sur le court. Jouant trop court et commettant des fautes grossières qui il y a quelques moi étaient inconnues pour lui, il a subi encore et toujours. Jamais à l'intérieur du court, jamais en agresseur, il n'a rien pu faire contre le rouleau-compresseur. Car Davydenko sur surface rapide et dans un bon jour est inflexible. Jusqu'à 6-1, 4-2, le Russe a déroulé, prenant la balle tôt et promenant son adversaire. Un adversaire tête basse, agacé puis donnant même franchement l'impression d'avoir hâte d'en finir. Quand la confiance a déserté le champion, tout est plus compliqué. La balle n'avance pas, les choix ne sont pas bons et tout se grippe. Les efforts consentis pour revenir à niveau après sa blessure, les tournois enchaînés et récemment les défaites sévères encaissées face à Djokovic et Söderling ont donné alors l'impression d'avoir eu raison de sa résistance mentale.

Davydenko malgré la peur

Nikolay Davydenko a brillé mais cela n'a pas suffi

Mais la résignation, Nadal ne sait pas ce que c'est. En revanche il parle le refus de la défaite couramment. Au moment où on voyait Davydenko lui infliger une défaite cinglante, il est revenu. Le poing rageur et le Vamos sonore. Un retour en fanfare qui a surtout été dû à la soudaine faillite mentale de Davydenko. Comme face à Djokovic, au moment de mettre la main sur le match, il a commencé à trembler et à rater (4-2, 4-4, 4-5). Même le fait de servir pour le match (6-5) n'a pas suffi à lui faire retrouver ses esprits. Lui qui était jusque-là monté avec pas mal de réussite au filet est soudain devenu maladroit et ses coups de fond de court, eux, trouvé les couloirs.

Une fébrilité qui n'est pas nouvelle chez lui et qui explique peut-être pourquoi ce joueur au talent immense n'a encore jamais disputé de finale en Grand Chelem. Mais il a su se faire violence, à coup de grandes bouffées d'air inspirées et de gestes pour se décontracter. Avec panache, il est parti à l'abordage de ce jeu décisif et c'est en patron qu'il a finalement lâché ce coup droit décroisé synonyme de fin du supplice. Nadal, visage fermé, était évidemment très déçu. Sans doute plus d'avoir été l'ombre de lui-même et de n'être jamais passé à l'offensive que de la défaite en elle-même. Car il ne cherchait pas forcément les résultats à Londres, mais bien plus les sensations d'antan qui décidément ne veulent pas revenir. La confiance n'est pas une alliée fidèle. L'ex n°1 mondial n'a pas l'habitude de cette panne sèche. S'il n'a jamais été à l'aise en indoor et a déjà subi de sévères défaites, contre Nalbandian par exemple, il n'avait pourtant jamais autant donné l'impression de ne plus savoir comment se remettre dans le sens de la marche. Alors qu'il lui reste encore la finale de la Coupe Davis à disputer, il semble ainsi avoir grand besoin de couper, de retrouver fraîcheur physique et mentale, pour mieux repartir vers 2010. Dès janvier il devra défendre son titre en Australie. - C.B.